Michel DEZA, Directeur de Recherche au CNRS
17 passage de l'Industrie, 75010 Paris
http://www.dmi.ens.fr/users/deza , Michel.Deza@ens.fr

INTERRUPTION DE MA DEUXIEME GREVE DE LA FAIM A L'ECOLE NORMALE SUPERIEURE APRES TRENTE-SIX JOURS

Le 9 juillet 1999

Monsieur le Premier Ministre,

Le comportement médiéval et totalitaire des institutions scientifiques françaises apparaît, une fois de plus, clairement au refus outrancier de dialogue opposé par les autorités compétentes à mes 36 jours de grève de la faim. J'ai décidé d'interrompre mon action ce jour pour des impératifs de santé évidents. Mais pour quelle raison, à cause de quels intérêts peu transparents et générateurs de complicités, les décisions de toute autorité scientifique seraient-elles aussi intouchables?

Vous trouverez un dossier détaillé sur ma page web:

http://www.dmi.ens.fr/users/deza ,

notamment:

http://www.dmi.ens.fr/users/deza/urgent.html

moyen d'expression dont je risque d'être privé très prochainement.

Mes revendications sont simples: arrêt des pratiques de harcèlement, respect de mon affectation et de ma dignité professionnelle, enquête administrative par vos soins sur les responsabilités encourues par les hiérarchies (CNRS, ENS). Cette simple restitution de mon honneur m'est toujours refusée. Malgré le retrait du bout des lèvres, par le CNRS, de la mutation d'office par laquelle on cherchait, il y a un an et demi, à m'évincer de l'Ecole Normale, dans la pratique je suis traité comme si je ne faisais plus partie du laboratoire auquel je me trouve affecté depuis 1992 (le LIENS, une composante du DMI). Mon prorata des fonds publics assignés à ce laboratoire est ainsi dévié, avec l'acquiescement des plus hautes autorités de l'ENS, du CNRS et de leur Ministére de tutelle. Mon programme de recherche fait, mot pour mot, l'objet d'une appropriation indue et des informations contraires à la vérité concernant ma situation administrative sont propagées via la page web du Département d'Informatique de l'ENS, http://www.di.ens.fr , qui omet mon existence même.

C'est pourquoi j'avais commencé une deuxième grève de la faim, le soir du 3 au 4 juin 1999 à minuit, dans mon bureau à l'Ecole Normale Supérieure. Les impératifs de santé me contraignent à l'interrompre à présent, dans des conditions qui m'apparaissent fort dégradantes pour ceux qui, au sein des appareils administratifs et de direction, ont obstinément refusé de rétablir des droits qui m'appartiennent et qui appartiennent à tout citoyen. Honte à ceux qui, à la fin du XX siècle et à l'intérieur d'institutions françaises réputées "éclairées", ne respectent pas les droits de la personne: mon combat continuera inlassablement. Je remercie du fond de mon coeur tous ceux qui m'ont soutenu dans cette action.

Michel DEZA
Directeur de Recherche au CNRS
Membre du bureau de l'ACHP, Association Contre le Harcèlement Professionnel, http://hlm.le-village.com/virtuel2/indexachp.html